12 février 2019

Coudre une veste avec des techniques tailleur part. 4 : de jolies épaules.

Bonjour,

Pour ce dernier opus de la mise en application des techniques de tailleur, nous allons parler épaulettes et cigarettes.

Mais avant cela, je vous indique que j'ai ajouté une photo de l'envers de mes boutonnières sur le post précédent. Après rabattage de la parementure, tout ce travail ne sera plus visible.

Bien, allons-y pour les épaulettes et autres réjouissances.

Le patron que j'ai choisi ne comporte pas d'épaulettes, mais il y a pourtant un embus assez conséquent à résorber.

Pour avoir une jolie tête de manche bien structurée, avec un joli galbe d'épaule, il est conseillé de poser des épaulettes. Oui mais voilà, les épaulettes en mousse vendues dans le commerce sont assez rigides, et donnent au mieux une touche 80's style Angela Bower...

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Au pire un air de Golgoth...

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Le mieux est donc de fabriquer soi-même ses épaulettes. Ainsi elles sont parfaitement dimensionnées pour votre vêtement, vous pouvez en ajuster la taille et l'épaisseur et ce n'est pas très difficile.

J'ai utilisé du molleton et de la bourre pour peluche. J’ai coupé mes formes d'épaulettes en double dans le molleton avant d'en assembler le haut (couture rose). Il faut savoir qu'une épaulette ne doit pas être symétrique, elle est plus longue vers l'arrière. J'ai ici tracé au crayon la ligne du milieu pour pouvoir bien la placer par la suite.

Ensuite, l'épaulette est garnie de bourre et grâce aux points de chevrons décrits précédemment, j'ai pu lui donner sa forme incurvée et qui va en s'épaississant.

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Ici la face qui sera contre l'épaule

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Et voici mes deux épaulette terminées.

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Pour avoir un bel arrondi, j'ai également préparé des cigarettes. Il s'agit de deux petits tubes de molleton, qui viennent se nicher le long de la couture d'assemblage de la manche.

Tout ce travail va venir soutenir votre tissu et former une belle épaule. Voici donc la cigarette, posée à points lancés à l'intérieur de la manche le long de la couture.

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Puis ici le montage terminé vu de l'intérieur. L'épaulette est posée. La ligne de centre a été alignée avec la couture d'épaule et l'épaulette est fixée le long de la couture en vis à vis de la cigarette qui est côté manche. Elle est également maintenue en son centre par quelques petits points sur les marges de couture.

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Tout ceci pour, je trouve, un très beau résultat. Eh oui, grâce à la cigarette, la tête de manche se trouve « soutenue » et comme elle n'est pas dans le vide, elle prend une belle forme arrondie.

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Ici, vue de face, l'épaule ne tombe pas, sans faire non plus golgoth, du fait de cette petite épaulette sur mesure.

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Alors, qu'en dites-vous ? Ca change tout non ?

A très bientôt pour la présentation du vêtement terminé !

 

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04 février 2019

Coudre une veste avec des techniques tailleur : part. 3 - Pose et finition du col, boutonnières passepoilées.

Bonjour,

Pour bien démarrer la semaine je vous propose de poursuivre notre exploration des techniques tailleur, parce que j'ai bien avancé ce week-end.

Commençons avec les éléments de finalisation du col.

Pour ma veste, j'ai voulu une touche de chic et d'originalité, avec un col contrastant qui sera en velours ras noir. En plus j'adore l'association rose pâle et noir que je trouve très "couture".

J'ai donc assemblé mon dessus de col, avec le dessous préparé comme décrit dans mon précédent post.

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Une fois les angles dégarnis et les arrondis crantés, j'ai retourné mon col et plutôt que de le surpiquer à la machine, j'ai choisi de le faire à la main avec un point 3/4 arrière.

On retrouve cette façon sur des vestes de costume ou de tailleur et j'emploierai la même technique pour mes revers. "C’est un point solide dont le pas est de 4mm mais dont le piqué arrière est de 1mm. Il présente alors de petit points (visibles ou pas suivant le fil utilisé). Il est très utilisé pour tenir les passepoils de manière invisible, mais également rabattre les doublures. Il permet de réaliser également le surpiquage des revers." (citation de Julien Scavini, dans un article passionnant sur les points tailleur).

Me voici donc à l'oeuvre.

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Arrivée à mi-parcours (j'avais profité de ma pause de midi pour faire ce travail au bureau, car facile et léger à transporter), on voit la différence entre le côté surpiqué et le reste, sur le haut de l'image.

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Résultat : un très beau visuel car le point donne un joli relief au bord du col.

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Revenue à la maison, le col était prêt à être fixé, s'insérant entre la veste et sa parmenture. Indispensable de bâtir le tout car le "club sandwich" est assez conséquent !

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Mais pas de difficultés à la pose, tout se place parfaitement et une fois les marges de coutures crantées et assemblées entre elles, le travail de préparation fait que le col se place tout seul et que les revers cassent naturellement !

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Donc, pour répondre à de nombreux commentaires sur le caractère long et fastidieux de tous ces préparatifs à la main, je ne peux qu'être d'accord : une telle préparation des pièces prend du temps et peut paraître rébarbative (quoique ça ne m'a pas gênée ici car j'ai fait le travail en plusieurs "sessions" courtes) mais franchement, le résultat est vraiment, vraiment sympa. Quand on a une belle matière et un projet de veste assez chic, c'est franchement gratifiant de voir que tout se place tout seul, presque comme par magie !

Ceci étant dit, abordons le point suivant, parce que ce n'est pas parce qu'on applique des techniques de pro, qu'on ne peut pas se poiler. Voici donc venir les boutonnières du même nom : passepoilées (ok, c'est nul, je sors !).

A noter, dans l'ordre de la réalisation, les boutonnières se font avant de poser les parmentures et le col !!!

Mon modèle de veste prévoit la réalisation de deux boutonnières passepoilées en vis à vis. Dans ces boutonnières viendront se placer deux boutons reliés entre eux par une petite chaîne (franchement je trouve ce détail assez charmant !).

Après moult réflexion, j'ai choisi de partir sur deux petits boutons recouverts du même velours que mon col pour le rappel, ce qui nous donne cette petite chose, une fois le velours placé et la chaîne posée.

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Mes boutons sont donc petits (1cm de diamètre environ), donc les boutonnières le seront également et c'est toujours un moment un peu stressant que de tailler dans le vif du sujet. En effet, si on se rate, ça ne pardonne pas car on est en plein milieu des devants de la veste !

J'ai donc été cette fois encore minutieuse en faisant un marquage à la fois sur l'envers de mon devant de veste, et sur l'envers de la pièce de tissu qui constituera le passepoil.

Une fois ce marquage effectué et mes pièces bien alignées, j'ai pu piquer à la machine le contour de la future boutonnière.

Sur l'envers, le contour et la future incision.

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Sur l'endroit, la pièce de passepoil avec ses repères (on voit d'ailleurs que j'ai un peu dépassé, j'avais dû ne pas tracer très précisément).

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On vient ensuite fendre sur l'envers, en incisant dans les diagonales pour former des petits triangles. Ce n'est pas évident car on a beaucoup d'épaisseurs à traverser.

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Cette façon d'inciser va vous permettre de faire passer par le trou votre morceau de passepoil de l'endroit vers l'envers de la pièce, comme ceci.

On voit les pointes des triangles qui dépassent, et la forme bien rectangulaire ainsi obtenue.

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Voilà ce que ça donne sur l'endroit avant repassage.

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Puis après, une fois bien pressé et "clappée", on a un résultat bien plat sur l'endroit...

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Et bien net sur l'envers !

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Arrive ensuite une étape délicate (tellement que je ne l'ai pas photographiée, mais j'ai trouvé des illustrations sur le net, fort heureusement !).

Il vous faut visualiser le milieu de la boutonnière (trait noir), venir remplier chaque côté le long de cette ligne du milieu (flèches rouges) en veillant à bien être centré, à bien épingler et à bien aplatir au fer ensuite, pour enfin piquer chaque côté replié au ras de la boutonnière (traits bleus), en piquant avec, les petits triangles (on fixe ainsi toutes les surépaisseurs ensemble). Attention, on ne pique pas le devant de la veste mais juste les passepoils et les triangles !!!

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Voici deux illustrations (crédit photo Deer and Doe) de l'étape du pliage...

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Et de la piqure des surplus

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Une fois cette étape délicate réalisée, on repasse bien, on rebascule sur l'endroit pour venir piquer le pourtour de sa boutonnière pile dans les contours (ici pas tout à fait parfait car on voit quelques points qui émergent çà et là).

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Ajout du 12 février, j'ai pris le temps de vous photograohier l'envers de la boutonnière ce week-end.

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Cette étape terminée, on peut tester ses boutons (ouf, ça passe !), la finition de la boutonnière côté parementure se fera à la toute fin de l'ouvrage.

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Voilà, ce sera tout pour cette fois. Le prochain billet sera consacré principalement aux manches.

A bientôt !

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01 février 2019

Coudre une veste avec des techniques tailleur : part. 2 - Préparer les revers et le col.

Bonjour !

Je poursuis aujourd'hui mon exploration des techniques tailleur avec la préparation des revers et du col et notamment l'utilisation du point de chevron, que voici :

point_chevron (crédit photo couture et cie).

Pour les revers, le point de chevron solidarise la toile et le tissu sur toute la surface. Il doit être invisible sur l'endroit, il faut donc bien piquer son aiguille entre les fibres du tissu principal (comme pour un ourlet invisible).

Il sert aussi à donner sa forme au revers, car on le réalise préformant le revers sur sa main. L'objectif est que, le revers roule sur lui-même comme une vague. C'est ce qu'on appelle le roulé.

Le revers sera à la fin de la réalisation repassé pour qu'il se pose bien à plat sur la poitrine, mais comme il a été conçu pour rouler, il restera une tension dans le tissu qui le fera se plaquer sur le buste.

Voici ce que ça donne sur ma veste. Comme on n'est pas sur une veste de type veste de costume, le revers n'est pas très important. Sur l'envers, mes points de chevrons, qui fixent l'entoilage et doivent, si tout va bien donner sa forme au revers.

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Une fois sur le mannequin, c'est magique !!!

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Sans repassage ni aucune autre manip' les revers se mettent en place tout seul.

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Pour un premier essai, je dirais que ça roule pas trop mal pour moi !!!

Pour préparer le col, le point de chevron est utilisé de la même façon, c'est à dire qu'il sert à la fois à fixer l'entoilage et à préforrmer le col.

Après avoir lu plusieurs articles sur le sujet, j'ai adopté la méthode suivante : des piqures machine au point droit sur la base du col pour le rigidifier, à réaliser uniquement sur la toile + des points de chevrons sur la partie du col qui sera rabattue, pour lui donner sa forme.

Voici donc le col, avec les piqures droites et le début du point de chevron.

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La première moitié terminée, on voit que les piqures droites aident le col à prendre sa forme.

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 Et l'autre moitié, avec les points cousus en vis à vis.

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 Voici un col bien structuré (enfin je pense), prêt à être terminé ! Je pense que l'ajout de tous ces points vient également ajouter un peu de poids et de densité et aide donc à avoir un joli tombé du col.

Prochaine étape, les boutonnières passepoilées (youhouuuu !)

A bientôt.

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24 janvier 2019

Coudre une veste avec des techniques tailleur : part 1- en quête des pinces parfaites

Bonjour !

Sur mon dernier billet, je vous annonçais avoir décidé de me lancer dans la couture d'une veste en m'essayant à certaines techniques de tailleur.

En effet, à force de lire des blogs, de voir des vidéos, de suivre des tailleurs de talent sur instagram notamment, j'ai eu très envie de me frotter à ces techniques, en tentant de reproduire ce que j'avais pu voir.

Comme je le disais précédemment, j'ai choisi pour ma veste un modèle Burda, en décidant de m'éloigner de certaines explications pour y substituer d'autres techniques.

Après avoir réussi à caser toutes les pièces du patron dans mon coupon de lainage ancien, j'ai décidé de ne pas utiliser d'entoilage thermocollant mais de la vraie toile. En effet, avec le temps on constate que l'entoilage thermocollant a tendance à "buller" sous le tissu. On le remarque fréquemment sur des vestes de costumes ou de tailleur, au niveau des devants, des revers et/ou du col. Ne disposant pas de toile tailleur et étant sur de l'expérimentation, j'ai utilisé du drap de coton ancien.

Ma première étape fut donc de bâtir mon entoilage sur mes pièces.

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Le modèle que j'ai choisi comporte deux pinces de col, deux pinces poitrines et deux pinces dans le dos.

Je vous présente ici les techniques utilisées pour tenter d'obtenir une pince parfaite.

Tout d'abord, après avoir marqué mes pinces sur l'envers du tissu, j'ai décidé de les reporter sur l'autre face en utilisant la technique du bâti bouclette, que j'ai également employée pour marquer tous les repères du patron.

C'est un point qui se fait de droite à gauche en alternant un point serré et un point lâche, qui doit former une bouclette. On trouve sur de nombreux sites l'explication de ce point. Sur les pinces on obtient ceci, (ici sur les pinces de dos, donc lainage sans entoilage) :

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Le point traverse les deux pièces superposées. Il suffit ensuite de tirer sur les morceaux qui s'écartent alors grâce aux bouclettes.

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Et l'on vient couper entre les deux épaisseurs du tissu (ici mes bouclettes étaient limite trop petites...), et on obtient un marquage de la pince absolument identique des deux côtés).

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On peut ensuite repasser la craie tailleur sur l'envers avant de piquer la pince.

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Pour piquer une jolie pince, surtout pas de point d'arrêt, on pique du bord du tissu jusqu'à dépasser la pointe de deux-trois points puis on noue l'extrémité du fil.

Sur une pince de col, on obtient ceci :

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Tout le travail consiste ensuite à bien aplatir la pince. Pour le côté entoilé, on va essayez de minimiser les épaisseurs de tissu, dans un premier temps en fendant la pince aussi haut que possible...

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...Et en l'écartant au fer (uniquement sur l'envers)...

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...Puis on va venir dégarnir l'excédent de marge de couture au niveau de l'entoilage en coupant aux ciseaux à quelques millimètres de la couture.

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Après un coup de fer, on obtient ceci, ce qui est déjà très bien !

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Pour les pinces de dos, sans entoilage, donc, on procède pareillement en zappant l'étape de dégarnissage.

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On pique, (on voit bien les fils noués ci-dessus), on fend et on écrase au fer.

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Viennent ensuite les techniques ultimes !

La première est le repassage en utilisant un "clapper" qui est un outil du tailleur qui sert à bien aplatir les coutures. N'ayant pas ledit outil, j'ai tenté avec un bête tasseau de bois, et le résultat est déjà bluffant !!

Donc, on va repasser sa pince déjà pré-aplatie grâce aux opérations précédentes, cette fois sur l'endroit, avec une pattemouille, attention vapeur garantie !

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Ensuite, on enlève la pattemouille et rapidement, on vient appliquer son tasseau/clapper, en appuyant dessus quelques secondes.

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Résultat bluffant, la couture se trouve complètement aplatie.

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Cette technique peut s'utiliser sur toutes les coutures, notamment au niveau des découpes. Ici à gauche du crayon une couture juste repassée et à droite elle est repassée et "clappée": on voit bien que le trait de couture est moins profond côté droit !

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Je pense que ça s'apparente à un blocage "minute" : la couture est raplatie à chaud puis refroidie et pressée en même temps. Cette technique fonctionne vraiment bien sur un lainage (fibre animale naturelle). J'ignore si elle fonctionne sur du coton ou du synthétique... A tester !

Pour couronner le tout, le fin du fin dirais-je, on vient coudre les surplus rabattus de la pince au point de chausson, comme ça on est certain qu'avec le temps ça ne bougera pas et ne formera pas de "rebiquette". Là encore, on trouve plein d'explications du point de chausson sur le net, c'est un point de maintien croisé qui est invisible sur l'endroit du tissu.

Et voici sur ma pince dos en cours de "chaussonnage" :

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Et sur une pince de col du devant terminée.

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Alors, elle est pas belle la vie ? Avouez que l'on n'est pas loin de la perfection non !?

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Nous sommes bien d'accord, ce sont des techniques qui exigent du temps, avec beaucoup d'opérations à la main. Impensable de les mettre en oeuvre à chacune de nos cousettes, mais je trouve que c'est tout de même intéressant pour des pièces comme un manteau, une veste...

Vous verrez sur les points techniques suivants que finalement la machine à coudre est peu utilisée, à part pour les coutures d'assemblage.

Prochaine étape, la préparation du col et des revers !

A bientôt.

 

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17 décembre 2018

Coudre un tutu professionnel - Part 3. : la décoration et les finitions

Bonjour !

Troisième et dernier épisode de mon feuilleton "coudre un tutu", avec une partie assez sympathique : la décoration du tutu.

Comme la plupart des costumes de scène, le tutu doit comporter des ornements qui lui apportent de la personnalité et de la brillance.

Pour mon tutu, j'ai opté pour un décor de style baroque, dans les tons or et cuivré. Les éléments utilisés pour les ornements sont de la dentelle et de la guipure or, des strass, des perles dorées et des sequins.

Le décor du tutu :

Pour décorer le tutu, on crée ce qu'on appelle un plateau. Ici mon plateau est constitué d'un disque de tulle orange lamé or, dont j'ai agrémenté le tour d'une bordure de dentelle.

Cette bordure est fixée à la machine au point zig zag, avec un fil métallisé or sur le dessus et du fil orange dans la canette.

Par dessus cette dentelle, j'ai collé d'une part des petits strass et brodé d'autre part des sequins cuivrés dont le centre est orné d'une perle dorée.

Voici ce que ça donne en gros plan.

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J'ai alterné sequin brodé d'une perle et strass collé.

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Sur l'envers, on voit le point de fixation de la bordure au point zig-zag...

 

 

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Et tous les petits noeuds qui maintiennent les sequins et les perles (ici les fils avant nouage).

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Comme vous vous en doutez, la broderie à la main de tous ces sequins est un travail de patience, mais qui apporte un vrai +++ au tutu.

Une fois le plateau décoré, je l'ai froncé et bâti sur mon bas de tutu.

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Le rendu est joli, le plateau forme une petite corolle qui vient joliment souligner le tutu, en accord avec la couleur du bustier.

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Le décor du bustier :

Pour le bustier, j'ai utilisé des pièces de guipure or. Le premier exercice est de trouver un positionnement adéquat et harmonieux. Pour ce faire, j'ai placé le bustier sur un de mes mannequins et ai fait des essais en épinglant mes appliqués.

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Et voici la disposition que j'ai retenue, avant de passer à la couture à la main de ces appliqués sur mon bustier.

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Puis, ce fut au tour des strass, avec pour commencer le positionnement des plus grosses pièces. J'ai choisi, en rappel avec le plateau, des strass cuivrés et des strass "neutres". Ces gros strass ont été collés puis, après une nuit de pose, cousus pour plus de sécurité.

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Et pour parfaire le tout, j'ai ajouté des strass plus petits, dans les mêmes tons, qui sont juste collés.

J'ai utilisé une colle spéciale pour les strass. Mes strass étant thermocollants, j'aurais également pu les fixer avec mon fer à strass, mais j'ai eu peur d'abimer mon tissu délicat.

Voici la fameuse colle, avec un applicateur hypra fin, que je n'ai trouvée que sur Amazon...

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Un gros plan sur l'appliqué central, avec les petits strass collés et le gros collé/cousu...

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... Et sur un des appliqués latéraux.

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Le tout formant un résultat harmonieux.

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L'assemblage et les finitions :

Une fois la colle bien sèche, j'ai pu passer à l'assemblage du bustier au tutu, et plus précisément de la basque au tutu.

Cette dernière opération est difficile, ma machine a un peu patiné et j'ai éprouvé des difficultés dans le maniement d'un côté de tout ce tulle, de l'autre du bustier baleiné.

Du coup, je trouve que ma couture d'assemblage n'est pas parfaite... Je pense que je prendrai le temps de faire une fixation complémentaire du bord de la basque au tutu, à la main au point invisible, et je reprendrai sans doute également l'endroit où j'ai patiné. Il me restera également à ajouter quelques crochets à l'arrière de la culotte.

Ceci étant, voici le tutu terminé et pour un premier, j'en suis satisfaite.

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Je trouve que tous les éléments s'accordent bien et je l'imagine aisément porté pour un concours, ou un spectacle. Je trouve qu'il irait particulièrement bien à une Raymonda.

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Il m'a fallu 6 heures de travail supplémentaire pour tous ces éléments de décoration.

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Ce qui porte en tout à 22 heures le temps de réalisation de ce tutu professionnel.

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Ainsi s'achève ce pas à pas. Cette réalisation m'a apporté la plus grande des satisfactions car j'ai atteint mon "Everest" couture et le résultat est à la hauteur de l'investissement que j'y ai mis.

Je précise que ce tutu "prêt à porter" est en vente sur ma boutique. Il serait parfait pour une Raymonda, Aurore ou encore Paquita !

Je vous souhaite une agréable semaine et vous dis à bientôt.

 

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14 décembre 2018

Coudre un tutu professionnel - Part 2. : le tutu

Bonjour,

Ravie de constater que mon petit feuilleton "tutuesque" vous intéresse, je continue aujourd'hui avec le plus gros morceau : la confection du tutu plateau.

Je profiterai de ce second opus pour faire un zoom sur la méthode que j'ai définitivement adoptée pour froncer les mètres de tulle (une quarantaine de mètres pour un tutu...), après avoir essayé bien des techniques.

Côté fournitures :

Pour résaliser le bas du tutu, il vous faut :

- du tissu dans les mêmes teintes que le bustier

- du tissu pour la doublure (ici du drap de coton épais). Il ne faut pas un tissu trop fin ou fragile car la culotte supporte le poids des 12 volants de tulle !!!

- du tulle raide : j'utilise des bandes de 4 mètres de long (sauf pour les 3 mini volants de la culotte), dont la largeur s'échelonne de 35 à 8 cm.

- de l'élastique à frou-frou

- de l'élastique plat étroit (6 mm ici)

- du fil épais

- du gros fil de pêche

- un pied presseur spécial "cordon"

- des clips de fermeture pour sacs plastique.

Côté réalisation :

Première étape, la culotte. Elle est constituée de deux pièces doublées, assemblées en leur milieu. Sur ces pièces, on vient surpiquer des lignes qui serviront de guides à la pose des volants successifs. L'ordre de pose est important : il est bien pensé pour ne pas être gênée par les volants déjà cousus quand on pique à la machine. En suivant bien l'ordre que j'indique ici, le côté déjà cousu se trouve troujours à votre gauche, et rien ne vient donc "bourrer" au milieu de la MAC.

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On commence par poser le second volant en partant du haut. Ce volant sera cousu dans le sens de la culotte, c'est à dire à plat, bord vers le haut.

On prend donc le morceau de tulle destiné à ce volant pour le froncer.

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Et c'est là que je vous dévoile ma super technique pour froncer tout ce tulle ! Je peux vous dire que j'ai tout essayé depuis des années jusqu'à trouver la technique ultime :

- Technique classique du fil de fronce : impossible le fil casse quand on tire dessus.

- Technique du double fil de fronce : très fastidieux quand il s'agit de ramener 4 mètres de tulle à 90 cm environ.

- Technique de l'élastique qu'on tire en le piquant : pas possible, ça ajoute trop d'épaisseur et difficile de trouver de l'élastique qui s'étire autant de toute facon.

- Achat d'un pied fronceur censé plier, ou froncer le tissu tout seul :

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Une cata! J'ai d'abord acheté un pied universel qui m'a à moitié broyé ma machine, puis achat du vrai pied janome qui va sur ma machine (une blinde, on peut le dire) pour un résultat plus que moyen puisque ma machine peine avec ce pied et que les fronces sont bof-bof (pas assez froncé pour un tutu plateau, même avec le réglage maximum).

Donc, pour finir, j'ai regardé des sites anglophones de "madames qui font des tutus" (je vous conseille notamment d'aller jeter un coup d'oeil au travail de Barbara qui est juste merveilleux, une vraie inspiration, en cliquant sur le lien !!!) et j'ai réussi à reconstituer la technique suivante, inspirée et déduite de leur méthode (car les sites ne sont pas forcément très explicites sur le sujet), avec des petits aménagements perso.

Cette technique de fronçage est formidable, surtout quand on a une grande longueur que l'on doit beaucoup froncer ! On peut aussi l'utiliser sur du tissu, comme la mousseline par exemple.

Il vous faut du fil de pêche. Mais pas du petit fil tout fin, non, du bon gros fil de pêche bien solide et bien épais !

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Ensuite, il faut équiper votre machine d'un pied presseur spécial "cordon" et régler votre point sur zigzag large et assez long.

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Vous coupez un morceau de fil de pêche de la longueur souhaitée pour votre volant + environ 3 cm de marges.

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Et vous clipsez une extrémité de votre fil. J'utilise les clips pour fermer hermétiquement les sacs plastiques (Ikéa). Il faut que le fil de pêche soit bien maintenu dans le clips, vous allez comprendre pourquoi.

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Vous placez le fil de pêche dans la gouttière centrale du pied presseur, en positionnant le clips derrière.

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Puis vous placez votre tulle.

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Et vous commencez à piquer. Le zigzag passe de part et d'autre du fil de pêche. Au fur et à mesure, vous tirez doucement sur le fil.

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Et vous constatez que le tissu se fronce tout seul à l'arrière du pied presseur (Ô miracle !).

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Et on continue gentiment comme ça jusqu'au bout. D'où l'intérêt du clips qui évite que le fil de pêche ne se fasse la malle, car là, adieu les fronces !!!

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C'est magique, ça fronce tout seul à la longueur désirée, il suffit de tirer sur le fil de pêche au fur et à mesure. Arrivé au bout, on sécurise le tout avec le second clips et on égalise bien toutes ses jolies fronces, avant de passer un petit coup de fer pour aplatir le volant.

Puis, on peut l'épingler à la culotte,  sur sa ligne de couture.

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Il n'y a plus qu'à piquer le volant à la culotte, puis on retire les clips et on enlève le morceau fil de pêche, qui sera utilisé pour tous les volants.

Pour un tutu comme celui ci, on pique les volants au point droit. Pour un tutu stretch, on les pique au zigzag pour garder l'élasticité.

L'étape suivante concerne le volant n°1, celui qui sera au dessus du tutu. Ici il est en tulle écru, car j'ai choisi d'alterner tulle orange et tulle écru pour avoir un rendu un peu pastel. J'ai choisi aussi de ne pas froncer ce volant supérieur mais d'utiliser le double plissage, à savoir un double enroulé d'environ 2 cm.

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Ce qui donne un résultat bien régulier.

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Ce volant supérieur est ensuite piqué sur la culotte, sur la première ligne guide et de la même façon que le volant n°2.

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Ensuite on repasse bien le tout, et pour ne pas froisser le travail, j'ai fait une piqure à points longs pour maintenir les plis en place pendant que je m'occupe des volants suivants.

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Voilà l'envers du travail à la fin de cette étape.

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Il s'ensuit le fronçage repassage et couture des 6 volants suivants, sur le même schéma que le volant n°2, à la différence près que les volants sont cousus "la tête en bas", c'est pour ça que le tutu va remonter et bien rester "en l'air".

Ici, volant n°4 en cours de pose, les épaisseurs se succèdent... Le milieu de la machine n'est pas encombré si l'on suit bien l'ordre de pose.

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Sur cette photo, on voit bien le volant cousu "la tête en bas". On remarque aussi qu'avant d'attaquer la pose des volants 3 à 6, j'ai posé un petit élastique à frou-frou (plus doux je trouve que le volant de tulle préconisé sur le patron) sur les tours de cuisses, en ménageant une "coulisse" qui sera destinée à insérer une petite laminette pour que la culotte ne baille pas.

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Voilà, une petite vue du profil à 6 volants...

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Et voilà les 8 premiers volants cousus, il en reste 4 à poser ! Le tutu est maintenant volumineux, et j'ai donc épinglé les épaisseurs à la culotte pour les aplatir un minimum et pouvoir continuer mon travail (on aperçoit une ou deux épingles en bas de la photo).

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A ce stade, il faut refermer le tutu en cousant le dos de la culotte, de l'entrejambe jusqu'au volant n°8. Le reste se fixera avec des crochets. Il faut que la culotte puisse passer les hanches !

Puis on vient poser le volant n°9, c'est le dernier qui fait tout le tour. Les volants 10, 11 et 12 sont juste destinés à couvrir les fesses. Ils sont plus courts et j'ai choisi de les plisser comme mon volant n°1.

Voilà ! Tout y est !!!

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Puis, je viens passer mes petits élastiques dans les coulisses du tour de cuisse avant de coudre l'entrejambe. Il faut ensuite faire la jonction de chaque volant, en les cousant à l'arrière, pour ne pas que le tutu s'ouvre. Il faut veiller à laisser la place pour l'enfilage, donc les volants ne sont pas cousus jusqu'en haut, comme on le voit sur la photo qui suit.

Je défais ma piqure à grands points qui maintenait en place le volant n°1 et admire mon tutu qui s'épanouit telle une jolie fleur !!!

Je m'envole un peu, mais je vous assure que c'est vraiment un moment d'intense satisfaction !

Cette photo vous montre bien l'intérieur de la culotte avec toutes les strates de tulle et l'ouverture à l'arrière.

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Bon, ben alors, c'est fini me direz-vous ?!

Eh bien non, car à ce stade, si on enfile ce bas de tutu, on obtient ceci :

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Houlàlà, mais ce n'est pas plat du tout ! Le tutu est très volumineux et remonte vers le haut (vouvs vous souvenez, c'est parce que les volants sont cousus la tête en bas !).

Il va donc falloir faire en sorte qu'il s'aplatisse. Sur les sites anglosaxons des "madames qui font des tutus" ça s'appelle "to tack a tutu" : "clouer un tutu".

Cette opération consiste à fixer les volants les uns aux autres pour les solidariser. On peut le faire avec un pistolet à aiguille ou "swifteuse", mais mes attaches étaient un peu longues, j'ai donc décidé de la faire à  la main avec du fil épais et solide. Donc on remonte le tout et on fixe ensemble les volants trois par trois : 9, 8 ,7 puis 8, 7, 6; puis 7, 6, 5 et ainsi de suite.

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On voit ici un point de fixation. Cette opération prend un certain temps, mais le résultat est spectaculaire !

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Tadaaaaaam !!! Impresionnant non ? Le tutu est devenu plat, et il tient tout seul !!! Pas besoin de cerclette !

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Vue sur l'envers, une jolie corolle et on voit bien certains des points de fixation.

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Voilà côte à côte un petit avant/après.

avtaprès

Maintenant, le tutu et le bustier sont terminés et prêts à être décorés avant d'être assemblés l'un à l'autre. Mais ça, ce sera pour le prochain et dernier épisode !

Bilan des opérations : 1 heure pour la culotte et 9 heures pour le tutu, ajoutées aux 6 heures du bustier, j'en suis donc à 16 heures de travail pour la confection de ce tutu professionnel !

En attendant de dévouvrir vos commentaires, je vous souhaite un bon week-end !

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10 décembre 2018

Coudre un tutu professionnel - Part. 1 : le bustier et la basque.

Bonjour !

L'idée me titillait depuis un moment. J'avais eu l'occasion de confectionner des tutus stretch, mais pas encore de tutu traditionnel ou "professionnel".

Véritable Everest en matière de couture, un tutu professionnel se compose de plusieurs parties, cousues séparément et assemblées puis décorées au final : un bustier, une basque, un bas de tutu (des volants de tulle cousus sur une culotte).

tutuopera

(Tutu de l'Opéra de Paris. Photo libre de droits).

Le tutu doit à la fois se tenir et permettre à la danseuse d'être à l'aise dans ses mouvements.

Je me suis donc lancée, "pour voir", en me disant que si le résultat était à la hauteur, je pourrai le mettre en vente dans ma future boutique.

Pour bien aborder les fêtes, je vous propose donc un petit "feuilleton couture" en 3 épisodes, reportage photos de la confection d'un tutu traditionnel, agrémenté de conseils, trucs et astuces, qui pourront être utilisés en d'autres occasions, comme par exemple, comment froncer du tulle sans se prendre la tête.

Pour ce premier opus, après les traditionnelles présentations du patron et des fournitures, je vous détaillerai les étapes de la confection du bustier et de la basque.

On y va ?

Côté patron :

M7615

Pour les pièces du bustier, de la basque et de la culotte, ainsi que pour les instructions de montage, j'ai utilisé le patron M7615 édité par Mc Call. Il s'agit de la version E.

La pochette est très épaisse car elle comprend les gabarits de tous les volants de tulle, que je n'ai absolument pas utilisés. A noter que la fille qui pose pour la photo n'a sans doute jamais pratiqué la danse classique, vue la position désastreuse de ses pieds et de ses bras !

J'ai choisi une taille xs qui peut convenir à une adolescente.

Côté fournitures :

Attention, la liste est longue !

Pour la basque et le bustier uniquement, il faut :

- un tissu principal : ici un reste de shantung de soie déjà vu ici. Pas besoin d'un grand métrage, un mètre doit suffire. J'ai puisé dans mes restes puisque nous sommes sur un essai, mais jolis quand même, pour pouvoir être vendu si ça marche comme je veux.

- un tissu pour la doublure : j'ai trouvé dans mon stock un peu de coton dans les mêmes tons que mon tissu principal, que j'ai complété avec un autre tissu pour la doublure de la basque.

- du biais, pour cacher certaines baleines et pour la ceinture intérieure de la basque.

- du gros grain, pour la ceinture extérieure de la basque.

- des baleines : j'ai utilisé ici des baleines à coudre et des baleines plastique, j'y reviendrai.

- de la ficelle à passepoil.

- de l'élastique.

- des bandes à crochets.

Côté réalisation :

Tout commence par la découpe des pièces du bustier, dans le tissu principal et dans la doublure. Chaque pièce est assemblée avec sa doublure par un surjet 3 fils large. Les deux pièces latérales du devant sont coupées dans le biais pour faciliter le mouvement.

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Il faut ensuite assembler les pièces les unes avec les autres. Les marges de coutures sont de 1,5 cm. Il faut bien aplatir les coutures au fer. On laisse une ouverture au niveau du décolleté pour faciliter la pose de la parmenture.

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Une fois les pièces assemblées, on passe au baleinage.

Si l'on veut le faire dans les règles de l'art, il poser des petits conduits, ou coulisses, dans lesquels on vient glisser les baleines. Pour un tutu, on préconise d'utiliser des baleines acier ou plastique pour la partie avant et la partie arrière du bustier car elles ne sont sollicitées que dans une direction. Pour les côtés et la baleine centrale, il vaut mieux utiliser de la baleine métallique spiralée qui peut bouger dans tous les sens.

En pratique, mes baleine spiralées étaient trop courtes, et je n'ai pas pu les utiliser, il faut que j'en achète au mètre et non prédécoupées. J'ai donc utilisé de la baleine à coudre pour les deux coutures du devant, que j'ai ensuite recouvertes d'un biais pour le confort de la danseuse. Pour le reste, j'ai formé mes coulisses en assemblant mes marges de couture entre elles, puis j'y ai inséré des baleines plastique, avant de rabattre et de surpiquer la coulisse.

Une fois baleiné, j'ai confectionné un passepoil que je suis venu poser au bas du bustier pour avoir une belle finition, en portant une attention toute particulière à la pointe.

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Le haut du bustier est quant à lui terminé par une parmenture qui est cousue, sous piquée, puis surpiquée après repassage.

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Pour terminer le bustier, on vient coudre les bretelles élastique, et soit des bandes à crochets comme ici, soit des crochets que l'on pose un par un.

Vient ensuite la réalisation de la basque, doublée sur le même principe que le bustier. L'intérieur de la ceinture est en biais, l'extérieur en gros grains. Le bas est ici simplement ourlé. On y fixe également des crochets.

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Il est ensuite temps d'assembler le bustier à la basque. Les deux pièces sont cousues ensemble sur les parties du dos, jusqu'à la couture du côté.

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En revanche, la basque n'est pas cousue à la partie avant du bustier, pour permettre une mobilité de la pointe quand la danseuse se tourne, se penche, se cambre.

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Du coup, voici l'envers du décor, pour que vous voyiez le stratagème qui s'y cache : la basque est fixée au bustier par trois élastiques, qui permettent ainsi de combiner maintien et mouvement. Vous pouvez par la même occasion voir les bandes de biais qui cachent les baleines cousues.

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Voici donc cette première partie de tutu terminée : on a un bustier baleiné, fixé sur une basque qui est destinée à accueillir le tutu, avec la partie avant qui est mobile.

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Et la partie arrière où tout se tient.

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Et pour terminer, une vue du dedans, entièrement doublé en coton.

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Le temps passé à confectionner cette première partie est de 6 heures (je ne compte pas dans ce temps les inévitables petites séances de décousage...)

Le prochain épisode sera consacré à la réalisation du tutu plateau : avalanche de photos en perspective !

J'espère que ce petit feuilleton vous intéressera, et si vous avez des questions ou remarques, surtout n'hésitez pas.

A bientôt.

Posté par Terpsi- à 17:14 - - Commentaires [30] - Permalien [#]
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20 juillet 2018

Un safran pour une commande + comment utiliser une roulette à patron

Hello !

Avant de partir pour un week-end culturel en famille au festival d'Avignon, je vous présente un jean Safran, réalisé sur commande pour une amie.

J'en profiterai pour vous faire un petit focus sur l'utilisation de la roulette à patron !

Il s'agit donc d'un jean Safran de Deer and Doe, confectionné en jean brut extensible. Ayant déjà pu développer ici, et là, plusieurs points de la confection de cette pièce, je ne vais pas m'étendre davantage sur le sujet et passer directement aux photos.

J'ai choisi des surpiqures contrastantes en bleu plus clair.

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Comme je le fais désormais, j'ai renforcé les poches passepoilées avec des rivets.

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L'intérieur des poches est dans un coton à imprimé style wax.

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Et s'agissant d'une commande, j'y ai apposé ma griffe, qui est désormais une marque déposée (youpiii !).

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Pour bien marquer l'emplacement des poches arrière et de leurs surpiqures, j'ai utilisé la roulette à patron, dont je vais vous détailler l'utilisation.


Comment utiliser une roulette à patron ?

Le principal intérêt de cet ustensile est de marquer les contours et les repères d'un patron. La roulette s'utilise de préférence sur des tissus chaîne trame qui marquent bien la craie à patron.

Pour ma part je ne l'utilise pas de façon systématique mais quand j'ai besoin d'avoir de la précision sur mes repères, typiquement ici pour bien marquer l'emplacement de poches.

La roulette ne s'utilise pas seule, son complément est le papier carbone spécial tissu que l'on trouve dans toute bonne mercerie!

Dans un premier temps, placez votre papier entre le patron et votre pièce découpée,  face carbonée contre le tissu.

Je vous conseille de placer votre tissu sur un support rigide type plaque de découpe pour que le marquage s'effectue correctement.

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Après vous être assurée que le patron est bien positionné en face de la pièce de tissu, appliquez la roulette sur les marques à reproduire et "roulez" en appuyant bien !

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Retirez les deux papiers et tadaaaaam !!! Vos repères sont reportés comme par magie sur le tissu !

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Je précise que les résidus de marques s'enlèvent au brossage puis disparaissent au lavage.

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Cette méthode est parfaite pour réaliser des surpiqures originales et identiques, comme ici sur les poches !

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Voilà, j'espère que ce petit point technique pourra vous servir, il est accessible au format pdf dans la rubrique pas à pas et tutoriels.

Bon week-end à vous !

Posté par Terpsi- à 14:27 - - Commentaires [32] - Permalien [#]
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25 mai 2018

Mon safran troisième du nom

Hello !

Comme promis je vous présente aujourd'hui mon troisième jean Safran !

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J'avoue, j'adore ce modèle, avec sa taille haute et sa forme slim il se prête vraiment bien à ma morphologie et je me sens hyper à l'aise dedans. A tel point que j'ai envie de le décliner sous toutes les couleurs de jean possibles !!!

Bon, là je m'emballe un peu...

Pour l'heure, voici un Safran en jean brut et je vous propose un pas à pas photo du point technique spécifique à ce modèle : les poches passepoilées.

Côté patron :

C'est donc le pantalon Safran de Der and Doe coupé en taille 46 avec les jambes rallongées de 5 bons cm.

Coté fournitures :

Du jean extensible, avec un bon taux d'élasticité des Coupons Saint Pierre . Il est assez joli, couleur brut et un peu satiné.

Un peu de tissu fantaisie pour les fonds de poche.

Une fermeture éclair métallique, un peu d'entoilage et des rivets.

Toujours mon fameux fil Jeans de Güterman (set de 5 fils jeans) que j'adore.

Côté réalisation :

Le livret est très bien fait et la réalisation de ce pantalon se déroule assez facilement, même la redoutée braguette (oui, oui, je vous assure !!!)

Le point le plus délicat reste la fameuse poche passepoilée pour laquelle je vous propose un pas à pas en images. Je tiens à préciser que ce pas à pas n'a pas du tout pour ambition  ni pour vocation de se subsituer au livret mais plutôt de constituer un appui visuel.


 Réaliser des poches passepoilées

 Pour commencer, je prépare mes poches en assemblant le haut et le bas de la poche.

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Ensuite, je marque à la craie ma future ligne d’assemblage.

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 J’épingle ma pièce de passepoil préalablement pliée et repassée sur la partie inférieure du pantalon. Je fais attention au sens de la pose et veille à ce qu’1,5 cm dépassent de l’angle.

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Ensuite je positionne mon fond de poche par-dessus, endroit du tissu contre endroit du jean et j’épingle.

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Puis je retourne le tout et je pique le long de la ligne du bas.

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Une fois le bas piqué, je viens inciser en diagonale à l’angle de ma ligne de piqure.

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A ce stade, je vais passer un coup de fer sur le passepoil et sur le bord supérieur pour bien marquer le pli.

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Ensuite j'ouvre mon pli et viens placer le retour de mon fond de poche le long du bord du pantalon. Grâce au cran pratiqué, le tissu va pivoter et s’ouvrir, pour me permettre de piquer proprement la partie restante le long de ma ligne. Le débord du passepoil doit se retrouver pris dans la couture. Il faut bien laisser le tissu se positionner naturellement, sans tirer dessus ni forcer sinon ça ne marchera pas ! Le fait de repasser avant va aider le tout à bien se positionner.

Une fois cette piqure réalisée, l’étape la plus difficile est passée. J’incise aussi l’angle de mon fond de poche avant de le retourner sur l’envers et de repasser soigneusement.

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Enfin, je pratique une surpiqure au point triple élaqtique à ras de mon passepoil.

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J’épingle ensuite ma poche au fond de poche et la couds sur tout le pourtour courbe pour ensuite la solidariser au pantalon grâce à une surpiqure verticale.

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Sur mon premier Safran, j’ai remarqué que la jonction des deux surpiques était un point de fragilité car soumis à pas mal de tension et qu’elles avaient tendance à se découdre.

Pour remédier à ce problème, la meilleure solution est de venir poser un rivet à l’angle des surpiqûres : ça vient renforcer le tout et en plus ça apporte la petite touche jean comme on aime !

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Et voilà vos jolies poches passepoilées sont terminées !!

 

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J'ajoute également ce tuto en version pdf téléchargeable à ma rubrique "Pas à pas et tutoriels" que vous pouvez retrouver à la droite de l'écran ! J'espère que ces photos couplées aux explications et schémas du livret pourront vous aider à réussir ce point technique !


 

Voilà, je termine ce post par mon safran photographié sous toutes les coutures !

Franchement j'adore, je trouve qu'il allonge mes jambes (ok, elles mesurent déjà 1 mètre à la base mais bon !)

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Il me fait une jolie silhouette...

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Et j'aime beaucoup ce côté près du corps !

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C'est sur cette vue magnifique que s'achève ce post, je vous souhaite un très agréable week-end !!

A bientôt.

Posté par Terpsi- à 11:47 - - Commentaires [40] - Permalien [#]
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16 mars 2018

Le pull "poupée russe"

Bonjour !

Aujourd'hui, il sera ici question de tricot. Mais avant de vous présenter cette réalisation, je voulais vous parler d'une nouvelle rubrique sur le blog.

Vous ne l'avez pas vue ? Mais si, regardez-bien ! A droite de l'écran, sous la liste des catégories, vous trouvez désormais la rubrique "Pas à pas et tutoriels".

Après avoir lu vos commentaires sur mon dernier post, certaines d'entre vous m'indiquant qu'elles avaient placé l'article en favori pour ne pas le perdre, j'ai réfléchi à un moyen vous permettant d'avoir accès facilement à mes tutos, pas à pas et recettes, et surtout à ce qu'il soient facilement exploitables ! J'ai donc repris l'ensemble des posts concernés pour les remodeler et les transformer en fichiers pdf, que vous pourrez donc télécharger et imprimer !

En cliquant sur "Pas à pas et tutoriels" vous arriverez donc sur une nouvelle page où sont listés tous mes tutos, page qui sera bien entendu mise à jour au fil du temps. Il vous suffira ensuite de cliquer sur celui qui vous intéresse pour que le pdf s'affiche.

Je pense que c'est un bon système et je suis impatiente de lire vos avis sur cette nouveauté.

Passons maintenant au sujet principal de ce blog.

Mi-novembre, j'ai publié sur Instagram la photo suivante :

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Le tricot étant un travail de longue haleine, d'autant que je tricote peu, surtout le soir devant la télé (quand il y a un truc potable à regarder et que je ne suis pas dans mon atelier en train de coudre...), c'est début février que j'ai terminé cet ouvrage, juste avant de partir au ski, et c'est hier soir que j'ai pu le prendre en photo !

Côté modèle :

Il s'agit du modèle "poupée russe" de chez Phildar (catalogue 125) que j'ai photocopié chez ma maman. C'est Lucie qui l'a choisi, avec pour consigne d'éviter les "grosses coutures jaunes".

phildar

Côté fournitures :

Je n'ai pas utilisé de fil Phildar mais de la laine Bravo de Schachenmayr. C'est la marraine de Lucie qui lui avait acheté de quoi faire un pull, profitant d'un bon prix chez Centrakor pendant les vacances de Noël 2016.

lainebravo

Côté réalisation :

Pas de problème pour ce modèle qui se tricote simplement, en point de sable envers et aiguilles n°4, le résultat est bien sympathique et parfait pour mon ado !

Seul bémol, c'est de l'acrylique qui a tendance à garder les odeurs de transpi...

Voici quelques photos !

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C'est là qu'on voit les pieds de danseuse (moi je dis "aïe !" rien que voir ça !)...

Je vous souhaite un agréable week-end !

A bientôt.

Posté par Terpsi- à 14:11 - - Commentaires [42] - Permalien [#]
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