Terpsi - faire danser les aiguilles

 

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12 février 2019

Coudre une veste avec des techniques tailleur part. 4 : de jolies épaules.

Bonjour,

Pour ce dernier opus de la mise en application des techniques de tailleur, nous allons parler épaulettes et cigarettes.

Mais avant cela, je vous indique que j'ai ajouté une photo de l'envers de mes boutonnières sur le post précédent. Après rabattage de la parementure, tout ce travail ne sera plus visible.

Bien, allons-y pour les épaulettes et autres réjouissances.

Le patron que j'ai choisi ne comporte pas d'épaulettes, mais il y a pourtant un embus assez conséquent à résorber.

Pour avoir une jolie tête de manche bien structurée, avec un joli galbe d'épaule, il est conseillé de poser des épaulettes. Oui mais voilà, les épaulettes en mousse vendues dans le commerce sont assez rigides, et donnent au mieux une touche 80's style Angela Bower...

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Au pire un air de Golgoth...

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Le mieux est donc de fabriquer soi-même ses épaulettes. Ainsi elles sont parfaitement dimensionnées pour votre vêtement, vous pouvez en ajuster la taille et l'épaisseur et ce n'est pas très difficile.

J'ai utilisé du molleton et de la bourre pour peluche. J’ai coupé mes formes d'épaulettes en double dans le molleton avant d'en assembler le haut (couture rose). Il faut savoir qu'une épaulette ne doit pas être symétrique, elle est plus longue vers l'arrière. J'ai ici tracé au crayon la ligne du milieu pour pouvoir bien la placer par la suite.

Ensuite, l'épaulette est garnie de bourre et grâce aux points de chevrons décrits précédemment, j'ai pu lui donner sa forme incurvée et qui va en s'épaississant.

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Ici la face qui sera contre l'épaule

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Et voici mes deux épaulette terminées.

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Pour avoir un bel arrondi, j'ai également préparé des cigarettes. Il s'agit de deux petits tubes de molleton, qui viennent se nicher le long de la couture d'assemblage de la manche.

Tout ce travail va venir soutenir votre tissu et former une belle épaule. Voici donc la cigarette, posée à points lancés à l'intérieur de la manche le long de la couture.

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Puis ici le montage terminé vu de l'intérieur. L'épaulette est posée. La ligne de centre a été alignée avec la couture d'épaule et l'épaulette est fixée le long de la couture en vis à vis de la cigarette qui est côté manche. Elle est également maintenue en son centre par quelques petits points sur les marges de couture.

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Tout ceci pour, je trouve, un très beau résultat. Eh oui, grâce à la cigarette, la tête de manche se trouve « soutenue » et comme elle n'est pas dans le vide, elle prend une belle forme arrondie.

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Ici, vue de face, l'épaule ne tombe pas, sans faire non plus golgoth, du fait de cette petite épaulette sur mesure.

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Alors, qu'en dites-vous ? Ca change tout non ?

A très bientôt pour la présentation du vêtement terminé !

 

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04 février 2019

Coudre une veste avec des techniques tailleur : part. 3 - Pose et finition du col, boutonnières passepoilées.

Bonjour,

Pour bien démarrer la semaine je vous propose de poursuivre notre exploration des techniques tailleur, parce que j'ai bien avancé ce week-end.

Commençons avec les éléments de finalisation du col.

Pour ma veste, j'ai voulu une touche de chic et d'originalité, avec un col contrastant qui sera en velours ras noir. En plus j'adore l'association rose pâle et noir que je trouve très "couture".

J'ai donc assemblé mon dessus de col, avec le dessous préparé comme décrit dans mon précédent post.

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Une fois les angles dégarnis et les arrondis crantés, j'ai retourné mon col et plutôt que de le surpiquer à la machine, j'ai choisi de le faire à la main avec un point 3/4 arrière.

On retrouve cette façon sur des vestes de costume ou de tailleur et j'emploierai la même technique pour mes revers. "C’est un point solide dont le pas est de 4mm mais dont le piqué arrière est de 1mm. Il présente alors de petit points (visibles ou pas suivant le fil utilisé). Il est très utilisé pour tenir les passepoils de manière invisible, mais également rabattre les doublures. Il permet de réaliser également le surpiquage des revers." (citation de Julien Scavini, dans un article passionnant sur les points tailleur).

Me voici donc à l'oeuvre.

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Arrivée à mi-parcours (j'avais profité de ma pause de midi pour faire ce travail au bureau, car facile et léger à transporter), on voit la différence entre le côté surpiqué et le reste, sur le haut de l'image.

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Résultat : un très beau visuel car le point donne un joli relief au bord du col.

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Revenue à la maison, le col était prêt à être fixé, s'insérant entre la veste et sa parmenture. Indispensable de bâtir le tout car le "club sandwich" est assez conséquent !

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Mais pas de difficultés à la pose, tout se place parfaitement et une fois les marges de coutures crantées et assemblées entre elles, le travail de préparation fait que le col se place tout seul et que les revers cassent naturellement !

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Donc, pour répondre à de nombreux commentaires sur le caractère long et fastidieux de tous ces préparatifs à la main, je ne peux qu'être d'accord : une telle préparation des pièces prend du temps et peut paraître rébarbative (quoique ça ne m'a pas gênée ici car j'ai fait le travail en plusieurs "sessions" courtes) mais franchement, le résultat est vraiment, vraiment sympa. Quand on a une belle matière et un projet de veste assez chic, c'est franchement gratifiant de voir que tout se place tout seul, presque comme par magie !

Ceci étant dit, abordons le point suivant, parce que ce n'est pas parce qu'on applique des techniques de pro, qu'on ne peut pas se poiler. Voici donc venir les boutonnières du même nom : passepoilées (ok, c'est nul, je sors !).

A noter, dans l'ordre de la réalisation, les boutonnières se font avant de poser les parmentures et le col !!!

Mon modèle de veste prévoit la réalisation de deux boutonnières passepoilées en vis à vis. Dans ces boutonnières viendront se placer deux boutons reliés entre eux par une petite chaîne (franchement je trouve ce détail assez charmant !).

Après moult réflexion, j'ai choisi de partir sur deux petits boutons recouverts du même velours que mon col pour le rappel, ce qui nous donne cette petite chose, une fois le velours placé et la chaîne posée.

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Mes boutons sont donc petits (1cm de diamètre environ), donc les boutonnières le seront également et c'est toujours un moment un peu stressant que de tailler dans le vif du sujet. En effet, si on se rate, ça ne pardonne pas car on est en plein milieu des devants de la veste !

J'ai donc été cette fois encore minutieuse en faisant un marquage à la fois sur l'envers de mon devant de veste, et sur l'envers de la pièce de tissu qui constituera le passepoil.

Une fois ce marquage effectué et mes pièces bien alignées, j'ai pu piquer à la machine le contour de la future boutonnière.

Sur l'envers, le contour et la future incision.

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Sur l'endroit, la pièce de passepoil avec ses repères (on voit d'ailleurs que j'ai un peu dépassé, j'avais dû ne pas tracer très précisément).

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On vient ensuite fendre sur l'envers, en incisant dans les diagonales pour former des petits triangles. Ce n'est pas évident car on a beaucoup d'épaisseurs à traverser.

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Cette façon d'inciser va vous permettre de faire passer par le trou votre morceau de passepoil de l'endroit vers l'envers de la pièce, comme ceci.

On voit les pointes des triangles qui dépassent, et la forme bien rectangulaire ainsi obtenue.

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Voilà ce que ça donne sur l'endroit avant repassage.

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Puis après, une fois bien pressé et "clappée", on a un résultat bien plat sur l'endroit...

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Et bien net sur l'envers !

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Arrive ensuite une étape délicate (tellement que je ne l'ai pas photographiée, mais j'ai trouvé des illustrations sur le net, fort heureusement !).

Il vous faut visualiser le milieu de la boutonnière (trait noir), venir remplier chaque côté le long de cette ligne du milieu (flèches rouges) en veillant à bien être centré, à bien épingler et à bien aplatir au fer ensuite, pour enfin piquer chaque côté replié au ras de la boutonnière (traits bleus), en piquant avec, les petits triangles (on fixe ainsi toutes les surépaisseurs ensemble). Attention, on ne pique pas le devant de la veste mais juste les passepoils et les triangles !!!

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Voici deux illustrations (crédit photo Deer and Doe) de l'étape du pliage...

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Et de la piqure des surplus

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Une fois cette étape délicate réalisée, on repasse bien, on rebascule sur l'endroit pour venir piquer le pourtour de sa boutonnière pile dans les contours (ici pas tout à fait parfait car on voit quelques points qui émergent çà et là).

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Ajout du 12 février, j'ai pris le temps de vous photograohier l'envers de la boutonnière ce week-end.

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Cette étape terminée, on peut tester ses boutons (ouf, ça passe !), la finition de la boutonnière côté parementure se fera à la toute fin de l'ouvrage.

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Voilà, ce sera tout pour cette fois. Le prochain billet sera consacré principalement aux manches.

A bientôt !

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01 février 2019

Coudre une veste avec des techniques tailleur : part. 2 - Préparer les revers et le col.

Bonjour !

Je poursuis aujourd'hui mon exploration des techniques tailleur avec la préparation des revers et du col et notamment l'utilisation du point de chevron, que voici :

point_chevron (crédit photo couture et cie).

Pour les revers, le point de chevron solidarise la toile et le tissu sur toute la surface. Il doit être invisible sur l'endroit, il faut donc bien piquer son aiguille entre les fibres du tissu principal (comme pour un ourlet invisible).

Il sert aussi à donner sa forme au revers, car on le réalise préformant le revers sur sa main. L'objectif est que, le revers roule sur lui-même comme une vague. C'est ce qu'on appelle le roulé.

Le revers sera à la fin de la réalisation repassé pour qu'il se pose bien à plat sur la poitrine, mais comme il a été conçu pour rouler, il restera une tension dans le tissu qui le fera se plaquer sur le buste.

Voici ce que ça donne sur ma veste. Comme on n'est pas sur une veste de type veste de costume, le revers n'est pas très important. Sur l'envers, mes points de chevrons, qui fixent l'entoilage et doivent, si tout va bien donner sa forme au revers.

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Une fois sur le mannequin, c'est magique !!!

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Sans repassage ni aucune autre manip' les revers se mettent en place tout seul.

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Pour un premier essai, je dirais que ça roule pas trop mal pour moi !!!

Pour préparer le col, le point de chevron est utilisé de la même façon, c'est à dire qu'il sert à la fois à fixer l'entoilage et à préforrmer le col.

Après avoir lu plusieurs articles sur le sujet, j'ai adopté la méthode suivante : des piqures machine au point droit sur la base du col pour le rigidifier, à réaliser uniquement sur la toile + des points de chevrons sur la partie du col qui sera rabattue, pour lui donner sa forme.

Voici donc le col, avec les piqures droites et le début du point de chevron.

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La première moitié terminée, on voit que les piqures droites aident le col à prendre sa forme.

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 Et l'autre moitié, avec les points cousus en vis à vis.

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 Voici un col bien structuré (enfin je pense), prêt à être terminé ! Je pense que l'ajout de tous ces points vient également ajouter un peu de poids et de densité et aide donc à avoir un joli tombé du col.

Prochaine étape, les boutonnières passepoilées (youhouuuu !)

A bientôt.

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24 janvier 2019

Coudre une veste avec des techniques tailleur : part 1- en quête des pinces parfaites

Bonjour !

Sur mon dernier billet, je vous annonçais avoir décidé de me lancer dans la couture d'une veste en m'essayant à certaines techniques de tailleur.

En effet, à force de lire des blogs, de voir des vidéos, de suivre des tailleurs de talent sur instagram notamment, j'ai eu très envie de me frotter à ces techniques, en tentant de reproduire ce que j'avais pu voir.

Comme je le disais précédemment, j'ai choisi pour ma veste un modèle Burda, en décidant de m'éloigner de certaines explications pour y substituer d'autres techniques.

Après avoir réussi à caser toutes les pièces du patron dans mon coupon de lainage ancien, j'ai décidé de ne pas utiliser d'entoilage thermocollant mais de la vraie toile. En effet, avec le temps on constate que l'entoilage thermocollant a tendance à "buller" sous le tissu. On le remarque fréquemment sur des vestes de costumes ou de tailleur, au niveau des devants, des revers et/ou du col. Ne disposant pas de toile tailleur et étant sur de l'expérimentation, j'ai utilisé du drap de coton ancien.

Ma première étape fut donc de bâtir mon entoilage sur mes pièces.

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Le modèle que j'ai choisi comporte deux pinces de col, deux pinces poitrines et deux pinces dans le dos.

Je vous présente ici les techniques utilisées pour tenter d'obtenir une pince parfaite.

Tout d'abord, après avoir marqué mes pinces sur l'envers du tissu, j'ai décidé de les reporter sur l'autre face en utilisant la technique du bâti bouclette, que j'ai également employée pour marquer tous les repères du patron.

C'est un point qui se fait de droite à gauche en alternant un point serré et un point lâche, qui doit former une bouclette. On trouve sur de nombreux sites l'explication de ce point. Sur les pinces on obtient ceci, (ici sur les pinces de dos, donc lainage sans entoilage) :

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Le point traverse les deux pièces superposées. Il suffit ensuite de tirer sur les morceaux qui s'écartent alors grâce aux bouclettes.

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Et l'on vient couper entre les deux épaisseurs du tissu (ici mes bouclettes étaient limite trop petites...), et on obtient un marquage de la pince absolument identique des deux côtés).

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On peut ensuite repasser la craie tailleur sur l'envers avant de piquer la pince.

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Pour piquer une jolie pince, surtout pas de point d'arrêt, on pique du bord du tissu jusqu'à dépasser la pointe de deux-trois points puis on noue l'extrémité du fil.

Sur une pince de col, on obtient ceci :

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Tout le travail consiste ensuite à bien aplatir la pince. Pour le côté entoilé, on va essayez de minimiser les épaisseurs de tissu, dans un premier temps en fendant la pince aussi haut que possible...

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...Et en l'écartant au fer (uniquement sur l'envers)...

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...Puis on va venir dégarnir l'excédent de marge de couture au niveau de l'entoilage en coupant aux ciseaux à quelques millimètres de la couture.

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Après un coup de fer, on obtient ceci, ce qui est déjà très bien !

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Pour les pinces de dos, sans entoilage, donc, on procède pareillement en zappant l'étape de dégarnissage.

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On pique, (on voit bien les fils noués ci-dessus), on fend et on écrase au fer.

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Viennent ensuite les techniques ultimes !

La première est le repassage en utilisant un "clapper" qui est un outil du tailleur qui sert à bien aplatir les coutures. N'ayant pas ledit outil, j'ai tenté avec un bête tasseau de bois, et le résultat est déjà bluffant !!

Donc, on va repasser sa pince déjà pré-aplatie grâce aux opérations précédentes, cette fois sur l'endroit, avec une pattemouille, attention vapeur garantie !

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Ensuite, on enlève la pattemouille et rapidement, on vient appliquer son tasseau/clapper, en appuyant dessus quelques secondes.

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Résultat bluffant, la couture se trouve complètement aplatie.

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Cette technique peut s'utiliser sur toutes les coutures, notamment au niveau des découpes. Ici à gauche du crayon une couture juste repassée et à droite elle est repassée et "clappée": on voit bien que le trait de couture est moins profond côté droit !

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Je pense que ça s'apparente à un blocage "minute" : la couture est raplatie à chaud puis refroidie et pressée en même temps. Cette technique fonctionne vraiment bien sur un lainage (fibre animale naturelle). J'ignore si elle fonctionne sur du coton ou du synthétique... A tester !

Pour couronner le tout, le fin du fin dirais-je, on vient coudre les surplus rabattus de la pince au point de chausson, comme ça on est certain qu'avec le temps ça ne bougera pas et ne formera pas de "rebiquette". Là encore, on trouve plein d'explications du point de chausson sur le net, c'est un point de maintien croisé qui est invisible sur l'endroit du tissu.

Et voici sur ma pince dos en cours de "chaussonnage" :

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Et sur une pince de col du devant terminée.

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Alors, elle est pas belle la vie ? Avouez que l'on n'est pas loin de la perfection non !?

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Nous sommes bien d'accord, ce sont des techniques qui exigent du temps, avec beaucoup d'opérations à la main. Impensable de les mettre en oeuvre à chacune de nos cousettes, mais je trouve que c'est tout de même intéressant pour des pièces comme un manteau, une veste...

Vous verrez sur les points techniques suivants que finalement la machine à coudre est peu utilisée, à part pour les coutures d'assemblage.

Prochaine étape, la préparation du col et des revers !

A bientôt.

 

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